Rester quinze minutes seule avec ses pensées : l’expérience surprenante de Science
par Elisha Yoon
En bref
Dans une série d’études publiée dans Science en 2014 (Wilson et ses collègues), la plupart des participants laissés seuls quelques minutes, sans rien d’autre à faire que penser, n’ont pas apprécié. Dans l’une de ces études, ils pouvaient s’administrer un petit choc électrique qu’ils avaient pourtant dit vouloir éviter : pendant 15 minutes seuls, 12 hommes sur 18 et 6 femmes sur 24 l’ont fait au moins une fois. Rester seule avec soi-même, sans rien faire, est plus inconfortable qu’on ne le croit.
Une scène que vous connaissez peut-être
La salle d’attente est calme. Vous avez dix minutes devant vous. Avant même d’y penser, votre main a déjà sorti le téléphone.
Ce que les chercheurs ont mesuré
Le psychologue Timothy Wilson et son équipe ont mené onze études. Les participants, surtout des étudiants, restaient seuls de 6 à 15 minutes dans une pièce, sans téléphone ni lecture, avec une seule consigne : penser. La plupart ont trouvé l’exercice difficile ou désagréable.
Dans l’étude la plus connue, les participants avaient d’abord reçu un petit choc électrique et dit qu’ils paieraient pour ne plus en recevoir. Puis, seuls pendant 15 minutes, ils pouvaient s’en donner eux-mêmes en appuyant sur un bouton. 12 hommes sur 18 (67 %) et 6 femmes sur 24 (25 %) l’ont fait au moins une fois.
Ce que l’on ne sait pas
Il s’agit d’une étude parmi onze, avec peu de participants, surtout des étudiants. Elle ne dit pas que la solitude est mauvaise, ni que tout le monde ressent la même chose. Elle montre que, sans préparation, le tête-à-tête avec nos pensées peut être inconfortable.
Ce que ça peut changer
Si le silence vous met mal à l’aise, vous n’êtes pas seule, et ce n’est pas un défaut. Cela peut aussi devenir une invitation : apprivoiser ce tête-à-tête, à petites doses, plutôt que le fuir. C’est un avis, pas un résultat de cette étude.
Questions fréquentes
Pourquoi est-ce si difficile d’être seule avec ses pensées ?
L’étude de Wilson montre que c’est difficile pour beaucoup, mais elle n’en donne pas une cause unique.
Est-ce que tout le monde a choisi le choc ?
Non : 12 hommes sur 18 et 6 femmes sur 24, dans une seule des onze études.
Source
Wilson, T. D., Reinhard, D. A., Westgate, E. C., Gilbert, D. T., Ellerbeck, N., Hahn, C., Brown, C. L., & Shaked, A. (2014). Just think: The challenges of the disengaged mind. Science, 345(6192), 75-77. doi:10.1126/science.1250830
Écrit par Elisha Yoon · illustrations créées avec l’IA
